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| Ecrit le: jeudi 05 juillet 2007, 22:22 |
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Grand bavard
    
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A côté de moi des adultes des jeunes et des vieillards s’alignent à perte de vu, Pâles ou écarlates mais immobiles tels des statues. Ils semblent ne pas respirer et je me surprends à avoir peur. J’étouffe, je suffoque j’ai le souffle court. On m’avait dit que sans ça les Dieux ne me feraient aucune faveur Alors je frôle la mort tandis que les ennemis n’ont pas frôlé la leur. Comment suis-je arrivé là ? Je vois le fils du forgeron comme celui du tavernier. Je vois leurs casques briller et leurs cheveux ruisseler ; Pourtant le ciel se voile et il ne pleut pas. Je commence à sentir en moi comme un appel à l’aide Ou peut être un cri de guerre, un élan sanguinaire. Je n’ai ni besoin d’aide ni besoin de crier pour, Aux ordres aboyés, rompre le rang et m’élancer. Je suis le fils du forgeron et celui du tavernier Je sors l’épée du fourreau et au milieu du vacarme J’entends encore le son de son frottement contre mon arme. Rapidement c’est le premier choc et son flot rouge Cette chaleur prise et la fontaine qu’elle laisse. Rien n’arrête ma course, aucun ne me retarde Quand je vois dans leur regard toute leur détresse. Ma main se suffit à elle-même, et dans mon crâne résonne La fureur de la rage qui animent mon bras.
Si l’océan du dessus ne s’était pas dégagé j’aurai cru au déluge Mais ce sont bien des flèches qui zèbrent le ciel et tonnent Comme des éclairs qui ciblent, meurtriers et seuls juges. Je respire enfin tandis que je vois les fils du forgeron et du tavernier expirer. Je ne ressens aucune peine et je me rappelle Un enfant courant dans les pleines Devant un grand chnil couleur gratzsh Mon père était un pauvre fermier, ma mère ne faisait que l’aider J’étais destiné à prendre la relève et non à être enrôler Mais pour certains il faut prouver valoir sa destinée Je fais partie de ceux qui doivent risquer le sacrifice. Pour des prêtres des princes et leurs artifices, On m’a ordonné au nom des Dieux ! Non pas que je les renie, mais aucun ne m’a auréolé Ou ne m’a éblouit par son apparition Alors sans en parler, je me suis demandé si l’un d’eux Avait seulement envie de voir le grain des moissons Retourner à la poussière sans nourrir notre volière. J’ai alors marché sur le fil d’une lame et bandé l’arc Appris à viser la tête, à oublier tout sentiment Qui retiendrait mon aveugle obéissance. J’ai observé les pires châtiments Et aucun ne me paraît aussi doux que celui qui commence. Je vois la gueule béante des cannons de l’adversaire Je les vois cracher le feu le métal et l’enfer La damnation doit passer près de cette bouche ouvrière Pour défendre aussi férocement que possible le Pandémonium. L’une d’elles me fixe aussi férocement que cerbère Je sais que contre une telle bête je ne pèse rien Que de mes mains ni feu ni métal ni enfer n’apparaîtront Mais je m’élance vers cet orifice d’horreur Retentissant en moi la force d’une témérité partagée entre tous les atomes Entre tout l’insécable de ma lame tant que de mon corps. L’artificier allume la mèche, il veut m’accueillir avec le sourire, Voir moi et les coups que j’assène dépérir. Le monstre sort enfin du gouffre se projetant contre moi Dans des gerbes de feu et un grondement de tonnerre Mais une armée est plus bruyante qu’un dragon Et un soldat est plus armé qu’un boulet de canon. Je me mets à danser évitant la charge du taureau Lui plantant dans la nuque la pointe de mon couteau. Je suis secoué et à mon tour projeté Mais le coup porté l’a assommé Il s’en va mourir aux pieds de ceux qui ont déjà sous ma main succombés Tandis que je me relève et libère le gardien de la gueule De son enveloppe de chaire et de sang Gouttant avec allégresse le flot de liquide que seul Les triomphants voient s'échapper de leurs trophées.
Devant la violence, il existe une addiction Que la foule ne reconnaît pas, qu’elle réfute. La masse ne sait pas qu’elle ne survit que grâce à elle Que sans la folie qu’elle croit décerner chez moi Il n’y a plus leur protecteur, celui qui détient l’épée de Damoclés Au-dessus des têtes qui les opprime. Notre soif, ma soif ne se sied pas de leurs boissons Apprendre par le fil d’une lame laisse des traces Je me repais des blessures Je me repais des éclaboussures Du flot de haine que j’attise Du nombre de corps que je divise.
Alors que j’essuie la dernière goutte de sang de mon visage Je me relance à l’offensive et finis cette première page.
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| Ecrit le: vendredi 06 juillet 2007, 14:29 |
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Grand bavard
    
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Je ne connais plus jouissif que cette impression de puissance Ce fait de ressentir sous ses pas comme une nouvelle terre, Sous ses doigts sentir la résistance d’un nouvel air, Et devant son regard la guerre dans toute sa substance.
Je continue à frapper encore et encore Laissant derrière moi toujours un plus grand tas de morts. Tous tombent sans gloire et sans honneur Excepté ce dernier qui s’oppose, devant moi. Il émane de lui cette étrange aura De ces guerriers du bien qui n’existe normalement pas. Il est jeune, beaucoup plus que moi, Et je vois bien que lui non plus, ici, n’est pas sa voie, Qu’il aurait dû à son tour succéder à ses pères Dans de lointaines prairies vertes et prospères. Mais lui n’a pas succombé au devoir qu’on lui confie, Il n’a pas conscience que devant moi il se sacrifie, Que par l’arc bandé et le fil de nos lames Se joignent, des destins similaires, dans les flammes D’un combat que certains appelleront le bien contre le mal Alors qu’elle se résume en fait à la lutte infernale Entre deux frères de chemin ressemblant Et de deux origines divergeant tellement. Il pare un de mes coups, il le sait Il est le seul à le faire et le dernier. Derrière lui il n’y a que les remparts Et sa famille inquiète quelque part Espère qu’il sera le héros de la ville Surtout qu’il en reviendra en vie.
Je subis ma première attaque de ses mains Je sens en lui comme en moi les même penchants Celui d’une rage qui sonne si bien Qu’elle arrache à notre raison nos moindres sentiments. Il perd tandis qu’il frappe, sa si chère mémoire Il frappe comme moi, sans passé et sans espoir Et de nos paumes qui s’attirent naissent les étincelles D’une amitié consommée dans la bataille de la haine. On ne connaît quelqu’un qu’en le combattant Alors il sera le seul à jamais me connaître Et je serais le seul à détenir ses secrets. Je sais tout sur lui, il sait tout de moi Nous savons tous les deux comment l’autre attaquera. Nous comprenons que pour vaincre Il nous faut se plier au paraître Chercher le moyen de dissimuler La nature profonde de nos craintes. Quelles sont-elles aussi ? Comment retrouver ce que l’on enfuit ? Ce que les coups de fouets Ont eu comme effet des coups de pelles Et que l’on a appris que tel quel Il n’y aura rien pour nous refouler?
Souvent pour gagner, il faut savoir se mettre en danger, Si tout est trop serré, il faut forcer, Le forcer à commettre l’erreur de trop. Mais si c’était moi qui la commettais ? Si je mettais à terme ma pauvre vie ? J’aurai failli à mon devoir mais pas à mon envie ! Et puis, je ne sais comment, lui Je n’ai aucune envie de le voir tomber. J’aurai voulu avoir un frère du temps de mon enfance J’aurai voulu vivre la fraternité puis la romance J’aurai voulu être libre et pouvoir jouer J’aurai voulu rêver être un guerrier
Mais pas le devenir.
La valse macabre finit quand l’un doit mourir Mais j’ai autre chose à faire, tellement à remplir Il y a des vides à combler, à entendre des soupirs. Je perds l’équilibre, il pense tenir la fin Mais c’est bien par sa chaire que coule le flot.
Je le voyais tomber Et je voulais respirer pour deux Ce cadavre était mon ami Tandis que je ne savais rien et tout de lui. Il ne partageait certainement pas mes pensées Mais étrangement le coup d’épée a délié sa chaire En même temps que nos âmes elle a lié.
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| Ecrit le: samedi 07 juillet 2007, 18:29 |
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Grand bavard
    
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La dualité existe en chacun de nous. J’ai bien espéré qu’il y ait trois formes Mais il n’en faut que deux pour que tout soit conforme. Il n’existe pas de peut-être. Il n’existe que malheur et bien être A différents degrés certes Mais l’hésitation menant à la perte Il n’y a que vie et mort Définis par la présence ou non d’un pouls.
Mes doigts sont encore loin de son corps Mais je sens dans sa chaleur fuyante La montée de ma fièvre palpitante. Autres auraient tenté un dernier coup Quelque chose sans ardeur et mou Pourvu qu’ils se prennent un instant à rêver Qu’ils puissent devenir héros malgré tout, Tandis que lui, ne tente rien, Il sait qu’il ne pourra rien. Il me toise, comme l’ange déchu fixe le démon Mais au fond, il me respecte à me demander La mort digne due aux grands guerriers.
Autour, le vacarme de la bataille reprend ses droits. Et je sais qu’à genoux je suis une simple proie Mais je ne peux partir, son regard fixe n’est pas implorant ! Il devrait gémir, geindre, serrer les dents, Au lieu de ça il expire serein la tête en avant : Aux portes de la fin il me défie encore ! Je pose enfin mes mains sur lui, Sur ses blessures, je le veux en vie. S’il n’avait pas été un adversaire J’aurais vraiment aimé l’avoir comme frère. Nous aurions coupé le bois ensemble Inventant à la hache des techniques de combattants Nous aurions compté jusque dans la chambre du seigneur, La valeur de deux jeunes paysans. J’aurais été meilleur que lui, Il serait devenu meilleur que moi, Et en duel nous aurions ri aux éclats Devant la tête de celui perdant déconfit.
Il réagit, enfin, voyant son sang arrêté par mes mains Il n’existe pour moi que lui et le reste Plus rien n’a d’importance ou ne m’intéresse. Il se meurt, et je suis son purificateur - Quel est ton nom ? En un râle il crache à son sauveur – Ano. Je vois dans ses yeux la silhouette d’un autre Un insecte perdu qui cherche à se nourrir. Comme toutes bêtes apeurées elle hésite à attaquer Comme tout renaissant intrigué, il se laisse étonner. Il ne me frappera pas il n’y a rien de plus certains. Je trace alors un cercle qui pourrait contenir ma main Et trace dans la poussière l’initiale de son nom. J’ai vu un jour un seigneur faire ainsi Un seigneur que je ne connais pas Puisque le combattre était interdis Mais au lieu d’utiliser comme lui de l’eau Je relève ma main et fais goutter le sang du tombé Sur le cercle et la lettre éphémères. Le rouge remplit la figure Et je pose une de ses mains sur la sombre peinture. Il sait que ceci est en son honneur Que lorsque je repartirais fendre ses amis, Le nombre de tués soutiendra les prières Les seules de ma vie que je formulerais pour lui.
Je me relève les muscles endoloris Et la soif grandiose assouvie. Mes futurs élans ne seront que gourmandises Mais il n’existe pas de cuisines plus exquises Que mon épée sur la gorge des tombés Que j’enfonce avec délectation Dans le seul méritant mon attention : Ano, le soldat qui me résistait.
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| Nyme |
| Ecrit le: dimanche 08 juillet 2007, 22:36 |
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J’ouvre délicatement les mains Et le sentant battre au creux de ma paume
J’ouvre doucement les yeux.
Un ventre me réveille du doux rêve Comme l’on réveille une barrique, A coups de pieds à coups de triques. - Lève toi chnil ! ose-t-il beugler. Il ne sait pas reconnaître la bête De l’animal de compagnie Il ne sait pas que la bête mord Et que l’animal, a tout est soumis Je lui présente mes crocs, le bras tendu la lame fendue Toujours rouge d’un liquide avec tant de goût ; Qui mêle celui de ma lame à celui de son métal. C’est comme s’il coulait en nous de quoi fabriquer des armes Comme si au fond nous n’étions conçus que pour ça. Cette théorie, à chacun, ne plaira sans doute pas Mais elle me convient bien plus que la persistance De la croyance manichéenne d’un bien et d’un mal De l’opposition systématique et soudaine d’un blanc et d’un noir Qui n’a pour but que de forcer l’obéissance Exactement comme pour un chnil à qui l’on présenterait Une récompense devant toute bonne volonté.
Il recule, tout ça le dégoutte Il se demande maintenant s’il n’a pas fait une erreur En hésitant à abréger mes dernières heures. - Nous te voulons en vie ! Il ne peut me retenir un rire qui les horrifie un peu plus, Pensaient-ils vraiment que ceci était un argument ? - Si vous l’aviez voulu, je ne vous parlerais déjà plus ! Je ne peux pas une fois de plus, le gloussement, retenir Rougit-il sous le coup de la honte ou de la colère ? De subir les contradictions et les moqueries d’un soldat à terre ? - Mais nous pouvons toujours réparer cela ! - Faîtes donc, alors, ce pourquoi vous êtes là… - Puisque c’est ce que tu souhaites ! Comment une si grosse meuul peut-elle commander une armée ? Il n’a pas encore eu le temps de me présenter ses griffes Que je suis déjà près à lui lacérer la gorge - Soyez plus prompt si vous voulez ma tête. - Qu’attends-tu maintenant que tu as l’avantage ? - Que vos sbires vous lavent de l’outrage ! Et comme des chnils bien dressés il se ruèrent dans le vide. La moitié se heurta à l’autre et aucun ne fut assez hostile. Mon épée rétrécie embrassait les longues et étincelantes Lames encore vierges de tout maculage et résistance. Le premier torse s’ouvre enfin, je commençais à avoir faim. Un tourbillon de sang s’élève Assaille les guerriers, souille leur épée, Brise la propreté affichée comme la naïveté incrustée. C’est certainement la première fois qu’ils voient de si près La vie qui s’échappe en une giclée de sauce rougit au feu divin. Bientôt aucun n’ose plus avancer Pensent-il que la meute saura les préserver ? Mais même les meutes, nous les traquons jusqu'à leurs fins. Diviser pour mieux régner, diviser pour mieux tuer !
Ma serre brisée perfore un ventre de plus, Les autres regardent la bave mais il vomit sa vie Tandis que son épée à peine devenue femme mariée le trompe déja et entre, à son tour, dans le corps des renaissants autour. Effrayé le chef de clan bredouille- Qui es-tu ? - Qui je suis n’a aucune importance. - Qui es-tu ? - Qui je suis n’a aucune incidence Je vois le tonneau remonter un peu Il se sent soulagé, comment cela se peut ? Une ombre alors se dépose sur moi. J’aurai préféré un charognard, un rapace Plutôt que la mauvaise surprise d’une plus grosse race. On m’a appris qu’il y avait ici certaines modes Et je vois bien que ces cavaliers ont de quoi être rassuré. Je veux bien me battre contre des canons Prendre leurs projectiles pour des taureaux ou des dragons Mais contre un vrai dragon-commode je ne tenterais déjà pas autant De le défier autant de rester droit devant. Mais s’ils sont plusieurs je rétracte mes armes. Car si je suis en vie je pourrais au moins encore Me régaler de quelques monts de morts…
Sans détourner de l’animal majestueux Je lance à l’intention du ventre à terre - Maintenant que tout est sérieux, j’ai un présent pour vous. Je lance à l’importain réveille la chose chaude qui, Depuis le début de l'entretient, au creux de ma paume, gît ; Un cœur flasque et charmant plat donnant envie. - Priez que je ne rêve pas de vous Ou ce sera le prochain général qui tiendra le vôtre. Je suis Nyme pour l’armée vaincu Je serais Ano une fois passées vos portes ! Ce nom vous dit-il quelque chose ? Retenez bien que le sort m’a voulu anonyme Que sans nom je n’ai plus d’histoire Que sans ça vous ne tirerai aucune gloire Et que la légende ne retiendra qu’Ano vaincu par Nyme.
Je viens de naître. attendez un peu pour embellir votre paraître.
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