AfterEnd: Batissez un nouveau monde
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Petites histoires en prose
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Mercutio
Ecrit le: dimanche 29 juillet 2007, 13:55


Jeune Seigneur


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I/ Dépression

La Dame des Ténèbres, sortant de son abîme funeste, et prennant, petit à petit, la place de la Lumière, recouvre la Terre de son voile nauséeux.
Les feuilles, dont la vie n'a plus de sens, tombent.
Dès lors, les créatures endormies se réveillent.
Des centaines de serpents, soupples et sinueux, et poussant des sifflement démenciels apparaissent. Ils s'enterrent dans le sol, s'entrelacent entre eux et permettent aux vrais cauchemards de se mouvoir dans la Nuit en se laissant porter par leur masse.
Ces créatures ont un corps long, droit, dur et robuste. Elles sont constituées d'écorces sèches et de sève putride. La vermine les habite et se nourrit de leurs déchets et de leur pourriture.
Elles portent sur le crâne une horrible chevelure: des milliers de tentacules gesticulent dans l'air et semblent orchestrés par une musique diabolique.
Ces chimères se déplacent dans le Noir, à la recherche de pensées heureuses à dévorer. Leurs yeux avides scintillent à travers leurs nombreux bras. Et, lorsque vous entendez les sifflements des serpents, la Dame des Ténèbres arrive, prête à vous emmener dans son funeste abîme peuplé de fous, pervers et démons...

Puis, l'Alouette chante. Apollon se lève et repousse la Veuve Noire dans sa sombre Dépression.
Le voile disparaît. Les sifflements s'arrêtent. Les serpents s'enterrent. Les tentacules se figent. Les créatures se rendorment.
Des feuilles, puis des fleurs, commencent alors à pousser sur les arbres meurtris.
La Vie renaît.

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Mercutio
Ecrit le: jeudi 16 août 2007, 11:58


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II/ Rose Noire

Quand la vie est rose pour les yeux, elle sera noire pour le coeur.
Il existe des moments où les passions surpassent la raison.

Doucement, sans m'en rendre compte, je perds la vue. Je ne vois et n'entends rien. Seul un chant de Sirène dirige mes mouvements.
Je crois voler. Je suis ailleurs.

C'est alors qu'une présence, dangereuse mais rassurante, apparait derrière moi. Je sens son souffle glacial caresser mon cou, sa terrible main rassurer mon épaule, son putride parfum enivrer mes narines.
Alors, autour de moi, tout devient rose: le cadavre le plus abandonné prends des airs de danseuse, la Mort rit avec l'Amour, les plus sombres Ténèbres deviennent plaisants.

Puis, aussi subitement que violement, deux lames aiguisées entrent dans mon cou. Mon sang est aspiré. Ma force s'enfuit.
Une main pénètre dans mon torse, arrache mon coeur et le détruit.
Je cris, je pleurs, je me débat, mais je suis sourd et aveugle.
Seule la voix de la Sirène guide mes pas.
Je sens alors toujours un souffle caresser mon cou, une main rassurer mon épaule et un parfum enivrer mes narines.

Les deux lames se retirent, ne me laissant assez de force que pour pleurer.
La voix de la Sirène s'éloigne puis disparaît.
Ma vue et mon ouïe reviennent: le cadavre le plus abandonné redevient cadavre, la Mort se rit de l'Amour, les plus sombres Ténèbres hantent mon esprit.
Je me découvre alors gisant dans la boue, des morceaux de coeur éparpillés autour de moi servant de festin à la vermine.

C'est à ce moment que je pleurs, que j'implore la Sirène de revenir, et que je pleurs encore.
Mais elle ne revient pas. Elle ne reviendra jamais.

Les larmes laissent alors place à la haine. Comprenant qu'elle voulait prendre mon coeur sans me donner le sien, j'utilise les forces qu'il me reste pour le réparer comme on répare un vase cassé.
Avec les jours, les semaines, les mois, les années, il se consolide, se fortifie, et peut à nouveau aimer.

Alors, doucement, sans m'en rendre compte, je perds la vue. Je ne vois et n'entends rien. Seul un autre chant de Sirène dirige mes mouvements.
Je crois voler. Je suis ailleurs.

Ce message a été modifié par Mercutio le lundi 05 novembre 2007, 00:17

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Mercutio
Ecrit le: vendredi 17 août 2007, 16:40


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III/ Le soldat et la ballerine (partie 1/2)

Dans une chambre d'enfant, la nuit, quand tout le monde dort, les jouets se réveillent. Parmis eux, une ballerine, belle et gracieuse, pleine de volupté et de nonchalance, se meut gaiement sur une piste de danse.
Plus loin, sur une étagère à l'ombre, un soldat abandonné, usé par les nombreuses batailles enfantines contemple la danseuse d'un regard mélancolique.

Tout en répétant ses mouvements de scène, la ballerine rêve:

- N'y a-t-il pas sur Terre un homme fait pour moi? Un homme beau, fort, drôle, rassurant, riche et qui m'aime? Un athlète, un champion, un ours, un lion? Mais aussi un poète, un acteur, un voyant, un coeur? Un homme qui me fasse reine, princesse et mère? N'y a-t-il pas ça pour moi sur Terre?

Sur son étagère, le soldat sanglote:

- Je ne suis pas beau... Je ne suis pas fort... Je ne suis pas très drôle... Je ne suis pas riche... Je ne peux ni courrir, ni me battre, ni tuer...
Mais je t'aime! oh oui! je t'aime! Tu es ma Venus, mon Aphrodite, mon Idylle! Ta danse fait rougir la musique! Tes yeux expliquent plus de choses que n'importe quelle religion! Je t'aime! Oui, je t'aime! Je veux t'aimer jusqu'à jamais, jusqu'à toujours, jusqu'à maintenant!
Quelques fois tu me parles avec pitié pour savoir comment va ma jambe. Tu m'adresses alors un sourire... ton sourire... si beau... quand il est pour moi, quand tu me fais ce don si précieux, plus rien ne compte... je suis avec Dieu un instant. Je t'aime!
Je t'aime... mais... toi, tu ne m'aimes pas... je ne suis qu'un pauvre soldat infirme... je ne te mérite pas... tous disent que je ne te mérite pas... et tu ne m'aimes pas...

La ballerine rêve toujours:

- Je veux un homme qui m'aime comme un fou! Qu'il me complimente et me fasse rêver! Je veux un homme qui ne m'ennuira jamais, avec qui chaque jour sera une nouvelle aventure, un nouveau roman, un nouveau poème. Je veux découvrir de nouveaux horizons avec lui, voyager! Mais nous aurons aussi une belle maison avec un grand jardin, plusieurs chambres, et deux salles de bain! Et puis nous aurons des enfants: trois! non, quatre! deux garçons et deux filles! et aussi un chien, un chat et un perroquet! Notre famille sera joyeuse et ne vieillira jamais!
- Tu n'as qu'une chose à dire et tes souhaits deviennent réalité...
- Ohhhh mon prince, je t'aime!
- Moi aussi...
- Tu seras fidèle...
- Mon coeur est tien...
- Généreux...
- Ma vie est tienne...
- Poète...
- Tes yeux me donnent des ailes...
- Aventurier...
- Pour ton sourire, j'irai jusqu'en Enfer...
- Beau!
- Je t'aime...
- Fort!
- Je t'aime...
- Puissant!
- Je t'aime...
- Imposant...
- Je t'aime...
- Voilà comment tu es, oh! mon idéal!
- Je t'aime...

Ce message a été modifié par Mercutio le dimanche 19 août 2007, 22:43

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Mercutio
Ecrit le: samedi 18 août 2007, 16:52


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III/ Le soldat et la ballerine (partie 2/2)

Au petit matin, la porte de la chambre s'ouvre doucement. Les jouets se rendorment. Quelqu'un entre. Un jouet est déposé au milieu de la chambre. C''est un soldat neuf, beau, grand, fort et puissant.
La porte se referme alors. Les jouets se réveillent.
Tous se précipitent autour du nouveau venu. Chacun fait son éloge, le qualifiant d'éphèbe, d'Hercule, d'Apollon.

La danseuse, sur sa piste de danse, l'observe:

- Qui est ce beau jeune-homme, cet athlète, ce Dieu, ce héros? Il doit être fort comme deux lion et posséder quantité de médailles! A peine arrivé il brille déjà au milieu des autres jouets! Avec lui, je brillerai aussi... c'est normal pour une danseuse étoile...
C'est lui l'homme de mes rêves! Je l'aime!

Le soldat infirme regarde la ballerine, déçu:

- Et que fais-tu de la poésie, de la romance et de l'aventure? Ce n'était que des paroles, du vent, des idées semées dans un désert aride?
Pourtant tu es si jolie, si gracieuse... si jolie... tu mérites mieux qu'une montagne de muscles. Ta beauté atteint le rêve. Pourquoi te satisfaire de ceux qui ne voleront jamais? Tu es... si jolie... tu mérites ce qu'il y a de mieux...

C'est alors que le beau et fort soldat s'approcha de la danseuse. Pendant tout le restant de la matinée ils parlèrent, s'échangeant des paroles fortes et des mots doux.
Plus le temps passait et plus elle l'aimait, et, mystérieusement, plus l'infirme aimait la jeune femme.
Le beau soldat et la ballerine dansèrent ensemble, vibrèrent, s'aimèrent et s'embrassèrent.
Leurs lèvres de plombs étaient réunies. Brusquement, l'enfant, le maitre du monde des jeux se réveilla. Les jouets se rendormirent.
Le terrible bambin, voyant son nouveau soldat et la ballerine réunis, les sépara. Il mit le soldat au milieu d'un champs de bataille où les balles et les canons ont raison de son corps et enferma la ballerine dans un tiroir.

Toute la journée, le beau soldat combattit les ennemis. Il y perdit son bras droit et une partie de sa jambe gauche. Autour de lui, de nombreux jouets furent réduit en pièce et jeté à la poubelle. C'est pour amuser un enfant que la mort est devenue un divertissement.

Dans une chambre d'enfant, la nuit, quand tout le monde dort, les jouets se réveillent.
Le beau soldat pleure de tristesse et de souffrance.
La ballerine, enfermée à jamais, sanglotte, prie et ne danse plus.
L'infirme, du haut de son étagère, regarde la scène:

- Seigneur, n'est-il pas plus simple de mettre l'amour au premier plan, au lieu de tous ces massacres et tueries? N'est-il pas plus simple de réunir ceux qui s'aiment et permettre aux misérables de rêver en les admirant? Celle que j'aime le plus au monde est enfermée, prisonnière à jamais. Seuls ses sanglots pénétrants et douloureux me parviennent. Vais-je vivre toute ma vie en saignant du coeur? Vais-je continuer à entendre ses larmes qui meurtrissent mes oreilles? Non! Ballerine je t'aime! Je ne supporte plus ta tristesse! Tu mérites la plus belle des vies. Mon bonheur est là où tu ris. Mon malheur est là où tu pleurs... ce monde est mon malheur... Nous nous reverrons là où l'amour est tout! Je t'aime! Seigneur, je quitte ce monde de tristesse, de douleur, de sacrifices et de pleurs où l'Amour n'est rien...

Le soldat s'avance alors au bord de l'étagère, regarde en direction de la prison de la ballerine, et saute.

Et dans ce monde, en conclusion, c'est par amour que l'infirme a sauté, et non par tristesse, douleur, sacrifice ou pleurs.

Ce message a été modifié par Mercutio le lundi 05 novembre 2007, 00:22

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Mercutio
Ecrit le: lundi 20 août 2007, 11:10


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IV/ Banalités

L'amour arrive
Les fleurs s'ouvrent
Les coeurs s'ouvrent
L'amour part

Mon coeur pleure
Le temps passe
Je demeure

L'amour arrive
Le soleil brille
Les étoiles brillent
L'amour part

Mon coeur pleure
Le temps passe
Je demeure

L'amour arrive
Les feuilles tombent
L'ennui tombe
L'amour part

Mon coeur pleure
Le temps passe
Je demeure

L'amour arrive
Le froid s'installe
Les rêves s'installent
L'amour part

Mon coeur pleure
Le temps passe
Je demeure

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Mercutio
Ecrit le: mercredi 22 août 2007, 20:16


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V/ Nostalgie

L'enfance, une prairie en été, flattée de fleurs et de lumière: un pays enchanté.
Autour: la forêt, sinistre et sans pitié, remplie de cauchemards, de souffrance et de haine: la réalité.

Parmis les fées, on danse, on cours, on chante et on joue, sans se soucier ni du futur ni du passé.
La vie n'est que jeux, plaisir, éternité: la vie est travestie.
Et au fur et à mesure que l'Horloge travaille, l'Eden se rétrécit, les bois grandissent, le Monde tourne.

Comme sorti d'un songe, on se réveille un jour en forêt. La prairie n'est alors qu'un souvenir. Seul le vague parfum des fleurs d'été revient, apportant avec lui le souvenir de l'être passé que l'on était.

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Mercutio
Ecrit le: mercredi 05 septembre 2007, 12:57


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VI/ Rêve américain.

Dans sa chambre, au fond de son lit, dans un coin de sa tête, un jeune garçon rêve de gloire, de succès, de paillettes. Il rêve d'être une star, une icône, un idole. Il rêve d'argent, de puissance, d'amour, de pouvoir. Et il compte bien réaliser son rêve:
Il fait attention à son apparence: ne s'habille qu'en Cheville-gnon, Diese-elle ou Louis Vite-on.
Il s'entraîne à immiter les plus grands: M. Poquora, Juste-in Timber-lake, Riz-anna.
Tous les soirs dans sa chambre c'est l'Olympia.
Comme des milliers d'autres, il est certain d'être unique et de devenir célèbre.
Un jeune heureux-péen rêve.

Dans le désert, sur le sol, sous un arbre mort, une jeune fille aux haillons déchirés pleure.
Son corps est recouvert de bleus, son âme remplie de noir, sa virginité bafouée.
Ses yeux n'ont pas la fierté apportée par les rêves, mais souffrent de la perte: perte de son foyer, de ses amis, de sa famille, de son honneur.
Comme des milliers d'autres, elle se sent seule sur Terre, abandonnée de tous.
Une jeune affr-icaine ne rêve plus.

Malgrès ce contraste coloré, ces deux enfants sont malheureux: l'une a perdu ses rêves, son envie de vivre, son but, l'autre ne réalisera jamais ce pour quoi il donne tant d'efforts, ce qui est pour lui sa religion.
Les Hommes font le mal, la société aussi.
Les formes sont différentes, les conséquences identiques.

Ce message a été modifié par Mercutio le lundi 05 novembre 2007, 00:08

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Mercutio
Ecrit le: samedi 08 septembre 2007, 17:24


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VII/ L'Inconnue


Un parfum interpelle mon âme. C'est le parfum épanoui de la pivoine et de la rose de mai, ponctué ici et là de violettes graciles et de framboises juteuses et gourmandes. Plus les secondes expirent, plus il enivre mes narines. Bientôt, je ne sens plus que lui. Tout le reste est oublié.

Un bruit retentit alors. C'est celui provoqué par les talons d'Aphrodite, orchestrants magiquement les nuées parfumées qui s'emmanent d'elle. Un bruit sec et court, rythmant les flux du divin arôme ainsi que les battements de mon coeur.

Une ombre surgit. Puis un corps féminin d'apparence faible et délicat. Une poitrine peureuse, des hanches timides, des jambes frêles.
Sa chevelure noire et sa démarche nonchalante lui donne des airs de danseuse méditerranéenne. Un rayon de Lune éclaire soudain son visage, découvrant des lignes plutôt régulières, une physionomie assez symétrique, une apparence très banale.
Ses yeux, reflets de son âme, dégagent une énergie envoûtante. Chacun de ses mouvements semble inspiré de Vénus. Elle est au dessus de la beauté physique. Elle est la beauté spirituelle incarnée. Tout en elle inspire une émotion, un sentiment. Chaque brassement d'air qu'elle provoque berce mon corps langoureusement. Je ne connais rien d'elle, je la devine. C'est comme si depuis ma naissance elle était avec moi. Avec moi dans la joie, avec moi dans la tristesse, avec moi dans la souffrance, avec moi dans la Vie.

Ce message a été modifié par Mercutio le samedi 08 septembre 2007, 17:28

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Mercutio
Ecrit le: dimanche 04 novembre 2007, 23:14


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VIII/ Le Bal Masqué

La Vie est un funeste Carnaval où l'on se cache sans cesse derrière des masques.
Des masques pour rire, des masques pour pleurer, des masques pour détruire, des masques pour aimer, mais seulement des masques.

Pendant toute la Nuit de l'existence, nous participons à un immense bal, où chacun essaye de cacher son identité, et qui se finit au Lever du jour de la Mort.
Le sens de la Vie n'en est pas moins trompé, défini par un Idéal visant à bien paraitre en société, à être envié.

De notre naissance à notre mort on oublie alors de vivre, prisonnier du regard des autres.
On naît pure et innocent et on meurt faux et corrompu.





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Mercutio
Ecrit le: mercredi 07 novembre 2007, 13:36


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IX/ Le Vide


Mon coeur bat lentement. Je respire lourdement.
La Vie semble s'être momentanément endormie.

Les moments forts de mon existence deviennent insipides, dénués de sens.
Mes amis d'enfance sont partis. Je n'ai pas connu le véritable Amour.
Mon passé n'a pas de couleur.
Je vomis.

Mon coeur bat lentement. Je respire lourdement.
La Vie semble s'être momentanément endormie.

Je n'ai envie de rien. Je n'aime rien. Je ne déteste rien.
Chaque seconde m'est méprisante.
Mes amis ne me comprennent pas. Je ne connais toujours pas l'Amour.
Le chant des oiseaux est fade.
Je vomis.

Mon coeur bat lentement. Je respire lourdement.
La Vie semble s'être momentanément endormie.

Demain est aussi nul qu'hier.
Je n'ai pas d'Avenir, aucun but, aucune envie de continuer à exister, aucune envie de commencer à disparaitre.
Mes amis vont partir. Je ne connaitrai jamais le Grand Amour.
Il n'y a aucun sens à tout ça.
Je vomis.

Mon coeur bat lentement.
Je respire lourdement.
J'ai le souvenir d'un Rêve où la Vie avait plus qu'un sens.

Ce message a été modifié par Mercutio le dimanche 02 décembre 2007, 13:04

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Mercutio
Ecrit le: dimanche 11 novembre 2007, 14:19


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X/ La Brume


J'erre indéfiniment dans une brume épaisse et difforme, sans voie, sans désirs.
Aucun bruit, aucune odeur, aucun goût, rien que cette insipide brume.

J'entends alors, sortis divinement du nuage nauséeux, un battement de coeur, une voix.
Puis je vois un lit, un visage. Je sens un parfum. Je palpe la douceur légère d'un drap.
Vient alors l'Amour, la Haine, l'Espoir, le Désespoir, le Bonheur, le Malheur, et toutes les autres émotions humaines.
Je vis, je hurle, je cris! Dans cette alchimie bouillonante de sensations je deviens fou!
Je donne même un sens à tout ça.

Je m'attache à des objets, à des Idées, à des personnes.
Ce que je vis dépend entièrement de ce que j'aime.

Ensuite, noyé sous des litres d'extase, je réfléchis, je pense, je remet tout en cause.
Je travaille et j'essaye de trouver une explication à chaque chose.

Mais avant que je ne puisse tout éclairer, ce monde disparaît, s'envole.
Le battement de coeur retourne dans les profondeurs mystérieuses du voile blanc, ainsi que tout ce qui m'entoure, que je déteste et que j'aime.
Je me rend compte de l'absurdité de ce que j'ai cru être vrai.

J'ai vécu ce que j'ai voulu vivre.
Ces émotions, ces pensées, ces sensations et ce But étaient, dans un sens bien précis, mes émotions, mes pensées, mes sensations et mon But.
Ce monde était mon monde.

Je me réveille alors dans une brume épaisse et difforme, sans voie, sans désirs.
Aucun bruit, aucune odeur, aucun goût, rien que cette insipide brume.

Ce message a été modifié par Mercutio le jeudi 29 novembre 2007, 17:26

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Ecrit le: samedi 15 décembre 2007, 18:04


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XI/ La Beauté


Une nouvelle, une image, un mot.
Tout bascule.
Le corps se paralyse, le sang se glace, les pensées s'arrêtent, la vie, durant une fraction de seconde, est suspendue.
Les nuages se transforment en fumées inquiétantes, l'air devient nauséeux, les ombres s'asseoient sur la lumière.
D'horribles pensées surviennent.
Le Futur semble plus atroce que le présent. Dieu vient de mourir.
Où suis-je?
Un cauchemard.
Ce ne peut-être qu'un cauchemard.
La Vie n'est pas si horrible.
A mon réveil, tout sera comme avant.

Les secondes expirent, et je me rend compte que le Réveil tant attendu n'arrivera jamais, ou du moins, pas tout seul.
J'ai une boule dans le ventre qui me dévore.
Je recrache mon déjeuner. Je n'arrive plus à penser.
L'affliction est à mon âme ce que l'Amour est à la Vie.
Une infinité de poignards déchirent mon coeur.
Je crache de la bile.
Dépression meurtrière pour l'esprit, je suis à toi.
Aucune larme ne tombe, aucun pleurs : une bête immonde grandit en moi.
Mon innocence est assassinée, disparaissant dans le néant des souvenirs de mon passé Idyllique.

Mais cette intime torture est vraie.
Sa beauté est dans sa pureté.
Elle est plus belle que la fausse lumière du jour, plus belle qu'un sentiment caricaturé, plus belle qu'une Idée copiée.
Aucune force, aucun regard, aucune influence n'agit sur elle.
Elle est tellement forte, tellement puissante qu'elle est capable d'écraser toutes les autres émotions.
On ne respire alors que par elle, nos yeux reflétant la tempête qu'elle a provoqué en nous.
Affliction, tu es belle.
Seul l'Artiste peut t'aimer.

Ce message a été modifié par Mercutio le dimanche 16 décembre 2007, 15:28

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Ecrit le: jeudi 03 janvier 2008, 18:15


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XII/ (première partie)

Le privilégié


Clément quitte l'école et rentre chez lui.
Il fait un bout de chemin avec Marc, son meilleur ami.
Ils parlent de jeux, de leur journée, surtout pas des filles.
Deux rues plus tard, ils se séparent.

Clément revient de l'école. Il rentre chez lui.
La porte s'ouvre. Ses parents sont là et lui font une bise.
Ils discutent avec lui de leur journée, des notes qu'il a eut.
Le corps de Clément est parcouru de chauds frissons.
Son coeur vole.

Dans son foyer rassurant, aimant et plutôt luxueux, Clément monte dans sa chambre.
Il aime son père.
Il aime sa mère.
Il met de la musique en fond sonore - les Beatles - et s'assoit devant son bureau.
Clément ne pleure pas. Il est plutôt content.
Aucun cris ne déchire son coeur.

Dans ce foyer rassurant, aimant et plutôt luxueux, l'école a un sens.
La Vie aussi.
Clément a des chances de réussir

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Mercutio
Ecrit le: jeudi 03 janvier 2008, 18:18


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XII/ (dernière partie)

Le sacrifié


Marc quitte l'école et rentre chez lui.
Il fait un bout de chemin avec Clément, son meilleur ami.
Ils parlent de jeux, de leur journée, surtout pas des filles.
Deux rues plus tard, ils se séparent.

Marc revient de l'école. Il rentre chez lui.
La porte s'ouvre. Des cris, des pleurs.
Son père et sa mère se disputent.
Son père dispute sa mère.
Le corps de Marc est parcouru de frissons.
Son coeur grince.

- Ah! V'la le bon à rien.
Son père ne lui fait pas la bise.
Son coeur pleure.

Dans ce foyer pas spécialement rassurant, aimant et luxueux,
Il va dans sa chambre et jette violement son sac par terre.
Il hait son père. Il se hait lui-même.
Il pleure le plus fort possible pour ne pas entendre ce qui le détruit.

- Je vais partir!
Marc pleure.
- Et bien pars!
Marc pleure.
- Sale con!
Marc pleure.
- Poufiasse!
Marc pleure.

Dans ce foyer pas spécialement rassurant, aimant et luxueux,
L'école perd tout son sens.
La Vie aussi.
Marc ne réussira pas.

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Ecrit le: samedi 23 février 2008, 10:28


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XIII/

Un masque pour le matin, un pour la journée, un pour le soir. Quelques fois j'enfile un costume pour plus d'authenticité. Les autres m'aiment comme ça. Ou ils ne m'aiment pas. Tout dépend de ce que je veux.
Mais quand je suis seul, face à ma conscience et à mes pensées, je suis nu. Je ne suis ni beau, ni fort, ni poète ni philisophe, ni aimable ni détestable. Je ne suis ni acteur ni metteur en scène. Je suis moi, banalement. Je réfléchis alors à ma journée et à quand j'étais personellement moi, à quand je n'ai pas dis des choses en lesquelles je ne crois pas... Rien ne vient. J'ai l'impression de n'avoir pas existé. Je me méprise alors de n'être pas ce que je suis. Et je méprise l'Humanité de n'être pas elle.

Je met un masque et un costume et je joue. Puis je m'arrête, voyant que je suis faux. J'enlève tous mes apparats, et je suis nu. Les gens me voient tel que je suis. Ca y est, je vis!
Une impression étrange m'envahit. Je joue. Je joue la vérité! Je porte le costume de la nudité! Qui suis-je? Qui sont les gens? Si on joue même la vérité, alors elle ne peut exister...

Je suis faux, les gens sont faux, tu es faux. La seule chose vraie dans ce monde est que tout est faux.
Une impression étrange m'envahit. Je joue. Mais je joue vrai! La vérité est que je suis qui je veux être. Je veux être beau, je deviens beau, je veux être fort, je deviens fort, je veux être poète, je deviens poète, je veux être philosophe, je deviens philosophe, je veux être moi, je deviens moi!
Un masque pour le matin, un pour la journée, un pour le soir. Quelques fois j'enfile un costume pour plus d'authenticité. Les autres m'aiment comme ça. Ou ils ne m'aiment pas. Tout dépend de ce que je veux.


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"La beauté est la forme de la finalité d'un objet perçue en celui-ci sans représentation d'une fin"
 
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